Sa jeunesse
Né en 1954 dans un vieux quartier populaire sur la rive européenne d’Istanbul (Kasımpaşa), il est issu d'une famille de la communauté laze, originaire Rize (nord-est de la Turquie, sur la côte de la mer Noire). Son père était un ancien capitaine du port d'Istanbul.
Très jeune, il doit vendre des simit (petits pains en anneau) pour nourrir sa famille très pauvre. Sa famille l'envoie étudier dans une école religieuse qui forme des imams et les prédicateurs (« imam-hatip »). Ce type de lycée est très prisé en Turquie par les familles traditionalistes, mais il ne destine pas nécessairement à la carrière d’imam.
À 16 ans, Erdoğan remplace l'imam à la mosquée pour réciter des prières, pour les naissances ou pour organiser le rituel des décès.
Erdoğan n'avoue pas à son père son amour du football et cache ses crampons dans un sac de charbon. Son père met 7 ans pour découvrir le secret de son fils.
Puis Recep Tayyip Erdoğan joue avec son coéquipier Yaso Aga dans un club de football et veut passer professionnel, mais son père l'en empêche.
Erdoğan rencontre sa femme Emine dans un meeting politique. Le mariage est célébré 6 mois après leur rencontre, en 1978.
Sa carrière politique
Il a étudié la politique et l'économie à Istanbul et a travaillé en tant qu'employé de l'entreprise de transport de la municipalité d'Istanbul et en tant qu'entrepreneur indépendant. Au milieu des années soixante-dix, il adhère à l'organisation de jeunesse du Parti islamiste du Salut National MSP de Necmettin Erbakan.
Sa carrière politique est interrompue par le putsch militaire du 12 septembre 1980 et l'interdiction de son parti, mais en 1983, il redevient actif politiquement dans le Parti de la Prospérité (Refah Partisi), dont le chef est Necmettin Erbakan (il rompt politiquement avec lui en 1999).
Après un travail méticuleux de terrain, Erdoğan devient en 1994 maire d'Istanbul grâce à une campagne anti-corruption au porte à porte. Il essaie de réorganiser la vie chaotique de cette mégalopole de 12 millions d'habitants. Ses opposants lui concèdent quelques belles réussites : les coupures d'électricité ou d'eau se font rares et les projets d'infrastructures (métro) dépassent le niveau du simple projet. Il s'attaque aussi à la corruption, il est allé jusqu'à piéger des chefs d'entreprise réunis autour d'un projet de construction, en leur lançant « Quelle est ma commission ? » Erdoğan avait pris soin d'inviter des journalistes incognito.
Les milieux laïcistes - particulièrement les militaires - demeurent toutefois très suspicieux quant aux velléités d'islamisation de la municipalité. Quelques établissements publics, dépendant de la ville, ne servent plus d'alcool depuis 1996.
En 1998, il est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d'incitation à la haine incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gökalp. De son propre aveu, il vit mal son séjour en prison. À sa sortie, Erdoğan change radicalement de tactique et renonce à affronter les militaires.
En automne 1998, Erdoğan quitte le Parti de la Vertu (FP) - le parti successeur du Refah Partisi - et se prononce en faveur d'une séparation de la religion et de l'État. En Turquie, les imams sont des fonctionnaires affiliés au Directorat des Affaires Religieuses, lui-même dépendant directement du Premier ministre.
Erdoğan fonde en 2001 le Parti de la Justice et du Développement (Adalet ve Kalkınma Partisi ou AKP), qui offre une patrie politique à un large spectre de forces conservatrices. Le noyau dur de l'AKP est constitué par l'aile modérée du Parti de Vertu, interdit la même année. Erdoğan lui-même en prend la présidence.
L'AKP sort vainqueur des élections parlementaires de 2002, mais Erdoğan ne peut immédiatement se charger du bureau du Premier Ministre du fait de sa condamnation qui le privait de l'activité politique pendant 5 ans suivant la décision de la cour. À la fin de ce délai, il entre à la Grande assemblée nationale de Turquie comme député de Siirt et devient chef du gouvernement à partir de mars 2003.
La guerre en Irak
Pendant la guerre en Irak, le gouvernement américain a demandé la permission aux autorités turques de pouvoir survoler son territoire, ainsi que le déploiement de 62 000 soldats américains dans le pays. Un grand débat a eu lieu à cette occasion en Turquie. Le gouvernement turc s'est prononcé contre le survol de la Turquie par l'aviation américaine, et contre le déploiement de soldats américains en Turquie. Pour faire pression, les américains ont proposé un chèque de 15 milliards de dollars à la Turquie en dédommagement du coût de la guerre. Le gouvernement a demandé l'avis du Parlement, qui a refusé également.
Bien qu'hostile à la guerre en Irak, Recep Tayyip Erdoğan, avec le soutien de l'armée, à estimé qu'un soutien aux américains était dans l'intérêt à long terme du pays, notamment pour prendre part aux décisions sur l'avenir des zones kurdes irakiennes.
Relation de la Turquie avec Israël
Erdoğan n’a pas changé radicalement la politique de la Turquie vis-à-vis de l'État d'Israël. Israël reste un allié majeur pour la Turquie. Cela n'a pas empêché Erdoğan de dénoncer la politique jugée trop musclée du gouvernement d'Ariel Sharon. Au lendemain de l'assassinat du Cheikh Ahmed Yassine (chef spirituel du Hamas), Tayyip Erdoğan n'hésitait pas à qualifier cette opération d'« acte terroriste » puis il dénonce le « terrorisme d'État » pratiqué par Israël dans la Bande de Gaza, avant de rappeler temporairement son ambassadeur à Tel-Aviv et son consul à Jérusalem « pour consultations ».
Lors de l'opération Arc-en-ciel qui a eu lieu dans la ville de Rafah, Erdoğan a dénoncé la « terreur d’État » de l'État israélien. Il déclare d'ailleurs que « les Israéliens traitent les Palestiniens comme ils ont été traités eux-mêmes, il y a cinq cents ans ». Mais le partenariat stratégique et notamment militaire entre les deux pays n'est pas menacé.
Les relations israélo-turques se sont toutefois nettement réchauffées depuis. Erdoğan a proposé le 2 mai 2005 lors d'un voyage officiel en Israël et dans les territoires palestiniens de servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Même si Israël s'est aussitôt opposé à la proposition du premier ministre turc par la voix de son ministre des affaires étrangères Silvan Shalom, les tensions ont nettement baissé.
Né en 1954 dans un vieux quartier populaire sur la rive européenne d’Istanbul (Kasımpaşa), il est issu d'une famille de la communauté laze, originaire Rize (nord-est de la Turquie, sur la côte de la mer Noire). Son père était un ancien capitaine du port d'Istanbul.
Très jeune, il doit vendre des simit (petits pains en anneau) pour nourrir sa famille très pauvre. Sa famille l'envoie étudier dans une école religieuse qui forme des imams et les prédicateurs (« imam-hatip »). Ce type de lycée est très prisé en Turquie par les familles traditionalistes, mais il ne destine pas nécessairement à la carrière d’imam.
À 16 ans, Erdoğan remplace l'imam à la mosquée pour réciter des prières, pour les naissances ou pour organiser le rituel des décès.
Erdoğan n'avoue pas à son père son amour du football et cache ses crampons dans un sac de charbon. Son père met 7 ans pour découvrir le secret de son fils.
Puis Recep Tayyip Erdoğan joue avec son coéquipier Yaso Aga dans un club de football et veut passer professionnel, mais son père l'en empêche.
Erdoğan rencontre sa femme Emine dans un meeting politique. Le mariage est célébré 6 mois après leur rencontre, en 1978.
Sa carrière politique
Il a étudié la politique et l'économie à Istanbul et a travaillé en tant qu'employé de l'entreprise de transport de la municipalité d'Istanbul et en tant qu'entrepreneur indépendant. Au milieu des années soixante-dix, il adhère à l'organisation de jeunesse du Parti islamiste du Salut National MSP de Necmettin Erbakan.
Sa carrière politique est interrompue par le putsch militaire du 12 septembre 1980 et l'interdiction de son parti, mais en 1983, il redevient actif politiquement dans le Parti de la Prospérité (Refah Partisi), dont le chef est Necmettin Erbakan (il rompt politiquement avec lui en 1999).
Après un travail méticuleux de terrain, Erdoğan devient en 1994 maire d'Istanbul grâce à une campagne anti-corruption au porte à porte. Il essaie de réorganiser la vie chaotique de cette mégalopole de 12 millions d'habitants. Ses opposants lui concèdent quelques belles réussites : les coupures d'électricité ou d'eau se font rares et les projets d'infrastructures (métro) dépassent le niveau du simple projet. Il s'attaque aussi à la corruption, il est allé jusqu'à piéger des chefs d'entreprise réunis autour d'un projet de construction, en leur lançant « Quelle est ma commission ? » Erdoğan avait pris soin d'inviter des journalistes incognito.
Les milieux laïcistes - particulièrement les militaires - demeurent toutefois très suspicieux quant aux velléités d'islamisation de la municipalité. Quelques établissements publics, dépendant de la ville, ne servent plus d'alcool depuis 1996.
En 1998, il est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d'incitation à la haine incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gökalp. De son propre aveu, il vit mal son séjour en prison. À sa sortie, Erdoğan change radicalement de tactique et renonce à affronter les militaires.
En automne 1998, Erdoğan quitte le Parti de la Vertu (FP) - le parti successeur du Refah Partisi - et se prononce en faveur d'une séparation de la religion et de l'État. En Turquie, les imams sont des fonctionnaires affiliés au Directorat des Affaires Religieuses, lui-même dépendant directement du Premier ministre.
Erdoğan fonde en 2001 le Parti de la Justice et du Développement (Adalet ve Kalkınma Partisi ou AKP), qui offre une patrie politique à un large spectre de forces conservatrices. Le noyau dur de l'AKP est constitué par l'aile modérée du Parti de Vertu, interdit la même année. Erdoğan lui-même en prend la présidence.
L'AKP sort vainqueur des élections parlementaires de 2002, mais Erdoğan ne peut immédiatement se charger du bureau du Premier Ministre du fait de sa condamnation qui le privait de l'activité politique pendant 5 ans suivant la décision de la cour. À la fin de ce délai, il entre à la Grande assemblée nationale de Turquie comme député de Siirt et devient chef du gouvernement à partir de mars 2003.
La guerre en Irak
Pendant la guerre en Irak, le gouvernement américain a demandé la permission aux autorités turques de pouvoir survoler son territoire, ainsi que le déploiement de 62 000 soldats américains dans le pays. Un grand débat a eu lieu à cette occasion en Turquie. Le gouvernement turc s'est prononcé contre le survol de la Turquie par l'aviation américaine, et contre le déploiement de soldats américains en Turquie. Pour faire pression, les américains ont proposé un chèque de 15 milliards de dollars à la Turquie en dédommagement du coût de la guerre. Le gouvernement a demandé l'avis du Parlement, qui a refusé également.
Bien qu'hostile à la guerre en Irak, Recep Tayyip Erdoğan, avec le soutien de l'armée, à estimé qu'un soutien aux américains était dans l'intérêt à long terme du pays, notamment pour prendre part aux décisions sur l'avenir des zones kurdes irakiennes.
Relation de la Turquie avec Israël
Erdoğan n’a pas changé radicalement la politique de la Turquie vis-à-vis de l'État d'Israël. Israël reste un allié majeur pour la Turquie. Cela n'a pas empêché Erdoğan de dénoncer la politique jugée trop musclée du gouvernement d'Ariel Sharon. Au lendemain de l'assassinat du Cheikh Ahmed Yassine (chef spirituel du Hamas), Tayyip Erdoğan n'hésitait pas à qualifier cette opération d'« acte terroriste » puis il dénonce le « terrorisme d'État » pratiqué par Israël dans la Bande de Gaza, avant de rappeler temporairement son ambassadeur à Tel-Aviv et son consul à Jérusalem « pour consultations ».
Lors de l'opération Arc-en-ciel qui a eu lieu dans la ville de Rafah, Erdoğan a dénoncé la « terreur d’État » de l'État israélien. Il déclare d'ailleurs que « les Israéliens traitent les Palestiniens comme ils ont été traités eux-mêmes, il y a cinq cents ans ». Mais le partenariat stratégique et notamment militaire entre les deux pays n'est pas menacé.
Les relations israélo-turques se sont toutefois nettement réchauffées depuis. Erdoğan a proposé le 2 mai 2005 lors d'un voyage officiel en Israël et dans les territoires palestiniens de servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Même si Israël s'est aussitôt opposé à la proposition du premier ministre turc par la voix de son ministre des affaires étrangères Silvan Shalom, les tensions ont nettement baissé.
Articles de RAJAB TAYIB ARDOGAN
Qui est RAJAB TAYIB ARDOGAN ?6 janvier 2009













