Enola sugar : Interview d'ENOLA SUGAR pour QX magazine.
Interview d'ENOLA SUGAR pour QX magazine.
QX : Bonjour Enola, salut Al. Vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
Enola Sugar : Je m'appelle Enola, j 'ai 23 ans, je viens de Toulouse et je suis productrice, actrice, réalisatrice et "caméra-girl par obligation" de films X. Comme tu dois t'en douter, mon pseudo a un rapport direct avec le bombardier Enola Gay, le fameux B-29 Superfortress" qui a largué la première bombe atomique sur Hiroshima... Et "Sugar", c'est pour le côté affectueux. C'est sucré… Je vais pas te faire un dessin quand même ?
QX : Vous faisiez quoi avant ?
Enola Sugar : j'étais étudiante en fac de psycho-sociologie ! Puis je suis allée m'inscrire sur un site d'élections de "miss" et de "mister" et j'ai gagné leur concours. C'était en février 2005. Suite à ça, j'ai été contactée par un pseudo "photographe-agent- webamster" et, en mettant une quinzaine de mes photos seins nus sur le site, j'ai vu que ça plaisait. Alors avec Al, on a commencé à faire des photos et des vidéos coquines et on les a diffusées sur mon premier site qui s'appelait alors "sexyenola". C'était du contenu amateur, sans la moindre prétention. C'était ma vie privée, de l'exhib' pure et simple. C'est alors qu'on a été contacté par différentes maisons de production, et c'est à ce moment-là que je me suis plus ou moins lancée dans le porno. J'ai pu voir ce que c'était et ça m'a donné envie de mettre en scène ce que moi, j'aurai aimé voir dans le porno... Parce qu'il y a un truc qui me gênait vraiment, c'était le côté trop sérieux des boites de prod'. J'avais du mal à comprendre comment on pouvait, d'un claquement de doigt, être excitée et tourner. Alors est né le projet Sex Jam et, dans la foulée, notre boite de production, SWIPP. Maintenant, le but est clairement de dissocier l'amateurisme de nos débuts des projets bien plus ambitieux que nous avons à présent..
QX : SWIPP, qu'est-ce que ça veut dire ?
Southwest Independant Pictures Productions. La société est crée depuis février 2008, mais on travaille sur ce projet depuis plus d'un an.
QX : Qu'est ce que le mouvement Alt, au juste ?
Enola Sugar : Tu l'as bien résumé en introduction, c'est un medley de différents courants alternatifs venus des US. On aime le côté underground, les vieilles bagnoles et le et rock' n' roll !
QX : Ok et donc, vous y incorporez du sexe... Mais pourquoi avoir choisi cette voie en particulier ? Vous en aviez marre du porno à papa, des films trop glamours ou, au contraire, trop crades ?
Enola Sugar : Déjà, c'est le milieu dans lequel on a grandi. Et puis, dans le porno actuel, on ne trouvait pas du tout nos marques et on n'appréciait pas les images actuelles. C'était soit trop propre, soit trop crade. On a voulu apporté notre touche personnelle, c'est-à-dire amener "notre" culture dans le monde du X.
QX : Si je comprends bien, Swipp, le Alt, c'est un peu du "Jackass" version hard ?
Enola Sugar : C'est surtout du Sex Jam version hard ! Le produit n'est pas encore aussi abouti qu'on l'aurait souhaité et ce pour pas mal de raisons : plus de 6 mois de tournage, il a fallu trouver une équipe en phase avec l'esprit qu'on souhaitait et donc, Sex Jam n'est qu'un premier jet. La suite sera beaucoup plus aboutie. Pour résumer, Sex Jam est plus un délire entre potes. Il y a 12 scènes dans le film, elles ne servent pas à se branler en solitaire mais plutôt à être vues entre potes, pour délirer et passer une bonne soirée.
QX : Tout comme il y a eu les Enfant du Rock, peut-on dire que vous êtes des "Enfants du Porn" ?
Enola Sugar : C'est exactement ça !
QX : Swippvideo.com vient de voir le jour, avec pas moins de 50 vidéos online, donc 35 inédites. Ca démarre bien ?
Enola Sugar : On vient de démarrer, mais on a déjà pas mal de connections. On espère que ça va monter encore !
QX : On ne voit que de nouvelles têtes dans Sex Jam. SWIPP, découvreur de talents ?
Enola Sugar : En fait, on ne se voyait pas tourner avec les actrices "en vogue" du moment. Déjà, pour ces actrices, une nouvelle boite de prod signifiait "méfiance". Et puis, ce n'est pas notre souhait d'avoir des têtes d'affiche, car on ne veut surtout pas faire comme tout le monde. Le choix de n'avoir que des débutantes, évidemment, ne nous permettait pas encore de fournir des scènes très intenses niveau sexe, on n'osait pas vraiment... Mais on progresse et puis, surtout, on ne veut absolument rien imposer. On fait du "freestyle sex". Sans compter qu'au départ, on a fait appel à des cameramens soit disant "pros" qui ne nous ont pas du tout donné satisfaction... Donc, maintenant, on fait tout nous-mêmes !
QX : comment recrutez-vous vos acteurs et actrices ?
Enola Sugar : Essentiellement par le web, et ce n'est pas évident non plus car soit les gens aiment, soit ils détestent ce qu'on fait ! Il faut dire qu'avec nous, ça se passe plus souvent dans les graviers que dans la soie des chambres d'hôtels de luxe !!! Ils nous arrivent souvent d'avoir des bleus, ou les genoux écorchés. C'est ça, le Alt !!!
QX : Quels sont vos projets immédiats ?
Enola Sugar : Plusieurs projets de films, mais les moyens manquent encore (tournage, diffusion…)
QX : Le truc le plus trash que vous ayez déjà fait ?
Enola : Fouetter deux acteurs avec des orties parce qu'ils n'arrivaient pas à finir leur scène ! Ils ont été punis, et le second à eu droit à une deuxième fessée à l'ortie fraîche. LOL !!!
QX : Le truc encore plus trash que vous rêvez de faire ?
Enola Sugar : C'est un projet de film, je ne peux pas trop en parler...
QX : Y-a-t-il des limites au Alt ?
Enola Sugar : Oui. Pas de pratiques qui n'ont rien à voir avec l'esprit Alt. On n'impose rien aux actrices. Cependant, même si de prime abord, elles ne semblent pas motivées pour faire ci ou çà, il arrive un moment où elle s'éclatent et finissent par se lâcher. Le truc, c'est surtout que les actrices aient envie de revenir, qu'elles ne soient pas dégoutées.
QX : De qui vous inspirez-vous le plus ? Vos idoles ?
Enola Sugar : Russ Meyer, j'adore ce qu'il fait. Sinon, je ne suis pas fan de quelqu'un ou de quelque chose en particulier, mais plutôt fan de tout ce qui touche à la culture américaine des années 60-70. J'adore par exemple le film Boulevard de la mort, je l'ai vu un nombre incalculable de fois.
QX : On va terminer par un petit portrait chinois. Si vous étiez une vieille bagnole, ce serait ?
Enola Sugar : Une Oldsmobile !
QX : Un tatoo ?
Enola Sugar : j'aimerai volontiers être la pin-up tatouée sur mon mollet
QX : Une chanson ?
Enola Sugar : Marie ou Marylin, de Saez, pour le côté pute ou vierge…
QX : Un lieu ?
Enola Sugar : Le lit de Rocco Siffredi !
QX : Enfin, un petit mot pour les lecteurs de QX ?
Enola Sugar : J'espère que le courant Alt va arriver jusqu'à eux, que cela va leur plaire et qu'ils en redemanderont ! Ah, et j'espère aussi voir plus de productions se lancer dans le Alt !

