Maxime Verner : Pour l’instauration de la taxe Tobin

Pour l’instauration de la taxe Tobin

A l’heure où Christine Lagarde, notre Ministre de l’Economie, annonce que l’Etat injectera d’ici la fin de l’année 10,5 milliards dans six banques privées françaises, on peut se poser la question de la contrepartie exigée. Il y a trois semaines déjà, en guise de coup d’envoi à la crise financière en Europe, la France avait déjà injecté 3 milliards dans le capital de Dexia, et a annoncer la semaine dernière l’ouverture d’un second organisme public pour financer les banques à hauteur de 40 milliards d’euros. Sans compter le faramineux plan de soutien au système bancaire ! Il représente une garantie de l’Etat au refinancement des banques plafonnée à 320 milliards (un quart de la dette) !

En ces temps difficiles, les pouvoirs publics ont l’air d’avoir perdu tout contrôle et toute autorité sur les institutions bancaires. Evidemment, la réactivité du gouvernement sur ce sujet est à saluer, mais, pourquoi ne pas mettre à profit ces investissements gigantesques pour instaurer une économie plus saine, plus morale et plus juste ?

La première mesure à prendre me semble claire : il faut instaurer la taxe Tobin. Du nom du Prix Nobel d’Economie 1981, ce projet de taxation des flux financiers serait un frein à la spéculation, mise en cause dans la crise actuelle, mais aussi un mode de financement pour notre politique de solidarité. La taxe représenterait environ 0,05 % des flux. La moindre des choses en contrepartie du refinancement des banques françaises par les contribuables français !

Le Club des Elus “Allez France”, que je dirige avec Rachid Nekkaz, Jean-Bruno Roumégoux et Leïla Hirèche, a lancé une pétition à ses membres. 1 382 Maires de toutes tendances politiques la soutiennent déjà, et elle a été adressée au Président de la République.

Enfin, pour avoir d’autres visions que celle des médias français (”la crise est dû à quelques capitalistes qui jouaient avec des milliards”), je vous conseille de lire (ou de relire) la biographie de Muhammad Yunus, le fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix 2006. Ecrite avec Alain Jolis et publiée en 1997 chez Jean-Claude Lattès. Et, le prémonitoire et percutant livre économique de Rachid Nekkaz, écrit avec ses amis de Choisy-le-Roi, et publié chez Robert Laffont en 1999.

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