Amnesty International Belgique : Note mensuelle sur l'actualité en matière d'asile (octobre 2009)
Le président du CPAS de Bruxelles se fâche
Yvan Mayeur, président du CPAS de Bruxelles, se plaint que la charge des demandeurs d'asile soit financièrement trop lourde pour son CPAS. Il en appelle à l'aide le gouvernement fédéral, mais dénonce surtout un système qui fait peser tout le poids de la politique migratoire sur les pouvoirs locaux. En attendant les 800 nouvelles places accordées à Fedasil par le gouvernement fédéral, le CPAS reste l'un des premiers lieux d'aide vers qui se tournent les demandeurs d'asile, y compris en matière de logement. Le soir 02/10
Comité ministériel restreint : accord sur l'asile et l'immigration
Le Comité restreint est arrivé, vendredi 9 octobre au matin, à un accord politique sur le dossier asile et immigration, selon le porte-parole du Premier ministre Herman Van Rompuy. Il s'agit plus précisément d'un accord sur trois aspects de ce dossier : la nationalité, les mariages de complaisance et le regroupement familial. La Libre, 10/10
Accord entre l'Office des étrangers et un hôpital psychiatrique
L'Office des étrangers (OE) a conclu au début du mois un accord avec les « Frères de la Charité » concernant l'accueil provisoire, dans l'hôpital psychiatrique de la congrégation, des demandeurs d'asile et étrangers en situation irrégulière, hébergés dans les centres fermés. Ces personnes présentent en effet souvent des affections psychiques, la plupart du temps causées par des événements traumatisants survenus dans leur pays d'origine ou durant leur voyage. L'accord conclu entre l'OE et les « Frères de la Charité » prévoit que les étrangers en situation irrégulière et les demandeurs d'asile restent d'abord une dizaine de jours en observation ou en thérapie. Sur base des constatations de l'institution, l'intéressé retourne au centre fermé, est placé dans un environnement plus adapté ou est rapatrié dans son pays d'origine. RTL info 14/10
Les projets pour augmenter la capacité d'accueil des demandeurs d'asile
Le secrétaire d'Etat à l'Intégration sociale, Philippe Courard, dénonce la situation actuelle de saturation qui oblige l'accueil des demandeurs d'asile dans les hôtels et dans des conditions peu enviables. Pire : depuis le 12 octobre, des centaines de nouveaux arrivants ne se sont vus attribuer aucune adresse par Fedasil et ont été renvoyés à la rue. Parmi ceux-ci se trouvaient des familles avec bébés…
Afin d'augmenter la capacité d'accueil, l'Etat belge envisage de fermer plusieurs casernes. Toutefois, « entre le moment où cela se décide et le moment où elles seront aménagées, il faudra des mois si pas des années », regrette le secrétaire d'Etat, qui doit de toute urgence trouver plus de 1000 places. Avec l'aide des partenaires de Fedasil (Croix-Rouge et Ciré) une investigation a été mise sur pied pour trouver de nouveaux sites adéquats. Malheureusement, déplore Courard, ces associations sont régulièrement confrontées à une résistance au niveau local. Le soir 15/10, La Libre 27/10
Accord belgo-kosovar pour l'éloignement des illégaux
Le secrétaire d'Etat à la politique de migration et d'asile, Melchior Wathelet, et le ministre kosovar de l'Intérieur, Zenun Pajaziti, ont signé mardi 20 octobre, après une négociation de deux ans, un accord prévoyant le retour au pays de Kosovars en séjour illégal. Le document signé entre les deux pays traduit l'engagement du Kosovo à réadmettre les Kosovars vivant en Belgique qui ne rentreraient pas dans les critères de régularisation arrêtés par le gouvernement belge. La Libre 21/10
Fedasil n'accueille plus les MENA
Mercredi 21 octobre, Fedasil a mis en œuvre sa circulaire décidant de plus accueillir dans ses centres (ni dans ceux d'accueil, ni même dans les centres d'observation et d'orientation qui leur sont spécialement dédiés) les mineurs étrangers non-accompagnés (MENA) qui ne sont pas demandeurs d'asile ; hormis ceux qui sont particulièrement vulnérables. Fedasil justifiait ce choix par la saturation de son réseau. La plateforme « Mineurs en exil » et l'association « Défense des Enfants International-Belgique » ont directement dénoncé cette décision qu'elles jugeaient illégale et ont mis Fedasil en demeure de la retirer endéans les 24 heures. Elles menaçaient également de porter l'affaire en justice. Philippe Courard a lui aussi demandé le retrait de cette circulaire. Le lendemain, Fedasil faisait marche arrière, mais insistait pour que les Communautés prennent en charge ces mineurs d'âge. Le soir 24/10
Les 50 emplois promis à Fedasil seront finalement accordés
Cinquante emplois avaient été promis à Fedasil par le secrétaire d'Etat, Philippe Courard, afin de répondre au manque de moyens de l'administration. Mais, les recrutements avaient finalement été bloqués par l'Inspection des Finances qui estimait que l'Agence fédérale avait déjà atteint sa capacité maximale. Heureusement, l'affaire a pu être réglée et les 50 postes seront prochainement mis à disposition de Fedasil. De plus, la restructuration de l'armée permettra de mettre à la disposition des centres d'accueil 30 personnes de plus pour une période de six mois. Le soir 27/10
L'ASBL Aïcha va devoir fermer ses portes
L'ASBL Aïcha, association d'aide aux mineurs étrangers non accompagnés (MENA), a dû constater, lundi 26 octobre, qu'elle était obligée de fermer faute d'avoir obtenu le financement nécessaire. Les préavis ont directement été donnés aux travailleurs. L'association arrêtera ses activités de manière progressive, a t-on annoncé, étant donné la difficulté de fermer un service fréquenté par de nombreux jeunes. Aïcha espère cependant un miracle. L'association, soutenue par le secteur d'Aide à la jeunesse, a l'impression d'être utilisée dans un jeu politique entre la Communauté et l'Etat fédéral. Selon la ministre de l'Aide à la jeunesse, Evelyne Huytebroeck, la question des MENA est à cheval sur plusieurs compétences (justice, intégration sociale, aide à la jeunesse) et chaque niveau de pouvoir a l'obligation de contribuer. Le soir 27/10
Action internationale contre les politiques européennes de migrations
Samedi 31 octobre au matin, les sorties des trois centres fermés à Merksplas (Anvers), Bruges et Vottem (Liège) ont été hermétiquement fermées par 150 individus venant de toute l'Europe, afin d'empêcher toutes expulsions pendant une journée en Belgique. Leur but était de dénoncer les aspects inhumains des politiques de migrations européennes. Les activistes ont déclaré : « Nous venons de plusieurs pays européens. En nous rassemblant nous avons choisi de donner une dimension internationale à notre révolte contre les politiques de migration des pays européens. Par ces actions de désobéissance civile, nous voulons empêcher les expulsions, casser la machine à expulser qui, chaque année, enferme, expulse et tue des milliers de personnes uniquement parce qu'elles n'ont pas les bons papiers ». L'action qui s'est déroulée au centre fermé de Vottem s'est terminée en début d'après-midi. La police y a procédé à l'arrestation administrative d'une quarantaine d'activistes. Mais pour eux, le jeu en valait probablement la chandelle. Crer 31/10

