Jérôme Peyrat : François Fillon lance la reconquête des régions depuis les Pays de la Loire

François Fillon lance la reconquête des régions depuis les Pays de la Loire
François Fillon a lancé dimanche la campagne des régionales de la majorité depuis son fief des Pays de la Loire, région qu'il a longtemps présidée et qui a été conquise en 2004 par un socialiste, appelant son camp à "l'unité" dès le premier tour.

Alors que la droite espère reconquérir quelques unes des vingt régions métropolitaines détenues par la gauche, le Premier ministre a pris la parole devant un millier de militants dans la banlieue d'Angers pour mettre en garde les dirigeants des formations de la majorité contre "les stratégies personnelles".

"Ceux qui prennent le risque d'affaiblir leurs alliés naturels plutôt que d'être efficaces contre la gauche prendraient" une "lourde responsabilité. Les électeurs sont lucides et d'expérience, je peux vous dire que les rabibochages de dernière minute, ça ne leurre personne", a-t-il averti.

Soulignant que les élections intermédiaires étaient "toujours difficiles pour la majorité en place", il a appelé "l'UMP, le Nouveau centre, le MPF, l'Alliance centriste, les gaullistes, les libéraux, les progressistes" à "se serrer les coudes" pour aller "au combat".

François Fillon s'est appliqué à justifier la défection de sa ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui devait conduire la liste UMP et a jeté l'éponge après l'énoncé de la règle de non-cumul entre présidence de région et portefeuille ministériel.

"J'entends les observateurs dire que les membres du gouvernement ne seraient plus très enclins à mener la bataille des régionales. C'est faux", a assuré le chef du gouvernement, soulignant que "dix" allaient y participer.

Il a assuré avoir lui-même "demandé" à la ministre de "renoncer" à conduire la liste en raison de l'ampleur de sa tâche face à la grippe H1N1. "Désolé, Roselyne, mais tu vas rester avec moi pour tenir la barre du bateau", lui a-t-il lancé.

Voulant mobiliser les militants, François Fillon a fait l'éloge du nouveau chef de file, le président du conseil général de Maine-et-Loire et député européen Christophe Béchu. Ce dernier a lui-même reconnu qu'il s'agissait d'une élection dans laquelle il ne s'était "jamais projeté".

"Ces dernières semaines ont été pour moi un temps de réflexion et de choix. J'avais à prendre une décision difficile", a admis à la tribune l'élu de 35 ans.

Mais "que les choses soient claires, je ne suis pas candidat à contre-coeur" mais "pour vous conduire à la victoire!", a juré celui auquel revient la tâche de défier le socialiste Jacques Auxiette.

"Ne laissez personne vous dire: je ne connais pas Christophe Béchu!", a lâché Marc Laffineur, député et président de la fédération UMP de Maine-et-Loire. "Roselyne avait pris le flambeau au départ, maintenant elle est là pour aider Christophe".

François Pinte, président de la fédération UMP de Loire-atlantique, a fait applaudir le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, qui pourrait être candidat sur la liste, décision qu'il devrait prendre avant Noël, a-t-il confié à des journalistes.

"Nous avons une responsabilité particulière parce que cette région est celle du Premier ministre", a lancé M. Pinte aux militants. "Et quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, le score du 21 mars sera forcément associé à son nom".