Jonathan Denis : Jean Sarkozy : coupable du fait du prince ?
Quand il s'agit de Jean Sarkozy, on ne sait jamais si ses détracteurs tapent sur lui pour le côté "fils à papa" ou pour celui de "tu es trop jeune pour comprendre". Et la polémique entourant sa future élection à la tête de l'Etablissement public de la défense (l'Epad) n'y échappe pas et amplifie même le sentiment. Il est évident qu'en étant le fils du Président de la république, il peut être plus facile d'accéder à de hautes responsabilités en étant nommé à droite ou à gauche. Mais là où tout se complique, c'est quand la même personne se retrouve être élue par des citoyens... de Neuilly-sur-Seine où d'ailleurs.
Sans contester le ridicule voeu de Nicolas Sarkozy voulant imprégner la France d'une dynastie familiale, il s'agit aussi de se poser les bonnes questions : peut-on remettre en cause perpétuellement un choix des électeurs lors d'un suffrage démocratique ? Doit-on pendre à des crocs de boucher chaque "fils de" ou "fille de" pour contester sa réussite ? La jeunesse est-elle automatiquement gage d'un échec prévisible dans la gestion administrative et politique ?
Si nous devons condamner toute manoeuvre qui conduirait à imposer une personne sur le seul fait du prince, encore plus s'il s'agit d'un placement "familial"; si nous devons exiger qu'une responsabilité incombe à une personne digne pour ce travail; si nous devons estimer de façon juste que la république des copains n'a pas droit de cité dans notre pays, nous ne pouvons pas nous montrer insultés quand un nouveau visage apparait sur la scène, quand la confiance des électeurs place un jeune homme ou une jeune femme dans le rôle d'un élu de terrain.
Je sais d'avance que toute cette histoire, montée en épingles par une opposition en mal d'idées neuves, s'avère justement être un scénario honteux pour placer son fils à un poste clé, mais il convient tout de même de savoir reconnaître le résultat démocratique qui en découlera... et surtout de ne juger que sur des résultats en arrêtant une polémique sur le principe d'une jeunesse qui ne pourrait pas prendre en main le renouveau obligatoire dont a besoin la France.

